Le Manifeste - N° 5 - Avril 2004

 

Éditorial

Le pouvoir sanctionné et maintenant

Les électrices et les électeurs ont clairement voulu sanctionner la politique ultra-réactionnaire du gouvernement.
Les conditions de l’élection plébiscitaire de Chirac ont caché, un temps, que la droite se fixait les objectifs de mettre en pièce les retraites, tailler dans les allocations chômage, démanteler les services publics, mettre en danger la recherche et la culture et s’attaquer aux libertés et à la sécurité sociale.
La volonté de réagir aux agressions de la droite, et les enjeux régionaux de cette élection ont poussé au vote utile et ont favorisé le PS. Le système électoral et politique à bout de souffle pousse à la mise en place d’une alternance sans alternative, avec, à gauche comme à droite, un parti unique ou dominant. De ce point de vue, le choix fait par un certain nombre de communistes de s’accoler au PS a sauvé quelques sièges mais aboutit à l’effacement du PCF. On le constate aux élections cantonales ou, dans de nombreux cantons, des communistes rouge pâle, parfois coupés des gens, ont été remplacés par des socialistes. Ce qui conduit à des revers graves notamment dans les deux conseils généraux à direction communiste.
La mise en place de ce système suppose qu’une bonne partie du peuple, et notamment la classe ouvrière, soit mise hors-jeu de la vie politique, et se réfugie dans l’abstentionnisme.
Cela fait évidemment les affaires du Front national qui se maintient à un niveau préoccupant pour tous les démocrates et tous les travailleurs.
Même si quelques hirondelles ne font pas le printemps, elles peuvent annoncer un dégel. Là où les communistes ont fait le choix de présenter des listes autonomes aux régionales, ils obtiennent un résultat intéressant qui a conduit de nombreux commentateurs à noter que les communistes se «  requinquaient ». On peut notamment citer le cas du Nord, de la Picardie et de l’Auvergne. En région parisienne, la liste conduite par Marie-George Buffet fait un peu moins bien. Sans doute a-t-elle été handicapée par ses ambiguïtés…
L’extrême gauche, de son côté, n’a pas retrouvé les électeurs (notamment communistes) qui avaient utilisé le vote LO ou LCR pour manifester leur désaccord avec les dérives de la gauche plurielle. Son refus d’appeler à voter à gauche au second tour lui a aussi certainement nui.
Dans cette situation, il n’y a pas d’autre issue que de travailler à reconstituer une vraie force communiste, combative et rassembleuse, capable de mener le combat de classe, avec des militants et des élus liés au peuple, déterminés à défendre ses intérêts et susceptible de contribuer à ouvrir, avec d’autres, une perspective pour en finir avec le capitalisme.

Francis Combes, André Gerin, Freddy Huck