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Le Manifeste - N° 4 - Mars 2004

 

L'intox des barils iraquiens

270 personnalités et sociétés opposées à la guerre en Irak auraient été rémunérées par Saddam Hussein. L’« information » a fait la une de la presse internationale sans même que ses sources n’aient été vérifiées. Or le journal irakien, Dar Al-Mada (L’Horizon), qui publie ces « informations » le 25 janvier denrier a été créé avec les fonds de George Soros, l’aide de la NED (National Endowment for Democracy), un paravent de la CIA, les conseils de l’ancien patron de La Voix de l’Amérique et a bénéficié du soutien du gouverneur de l’Irak, Paul Bremer. Le réseau Voltaire a retracé la filière d’intoxication. Le fondateur du journal irakien, Fakhri Karim, exclu du PCI, car considéré comme traître, est devenu mystérieusement richissime en quelques mois. Il est revenu en Irak dans les bagages de la coalition.
D’après Dar Al-Mada, des personnes auraient été « arrosées » de barils de pétrole en plein programme « pétrole contre nourriture ». Pour étayer sa thèse, le quotidien reproduit des fac-similés de documents. Le lendemain, ces éléments ont été confirmés par le gouvernement provisoire (mis en place par les Étasuniens). Le Monde en France s’est empressé de relayer ces affirmations et d’annoncer que onze Français étaient sur la liste.
On voit mal comment, par exemple, le député britannique pacifiste George Galloway aurait pu recevoir 15 millions de baril de pétrole. Pour les transporter, il aurait fallu qu’il parvienne à faire passer inaperçu 7 super-tankers, puis qu’il écoule les barils en question secrètement sur le marché international en violation de l’embargo ! Même si Saddam Hussein avait voulu « récompenser » ses amis, il n’aurait pas pu le faire ainsi.
D’après les informations recueillies par le réseau Voltaire, les documents initiaux auraient été fabriqués au Royaume-Uni par un cabinet éditant une lettre financière confidentielle. La volonté semble bien être de discréditer d’abord ceux qui étaient opposés à l’embargo et à la guerre. Aucun indice sérieux, en tout cas, ne vient étayer ces affirmations démenties par la plupart des personnes incriminées. Le Dar Al-Mada se protège lui derrière le fameux « secret des sources ».
(informations complémentaires sur le site : www.reseauvoltaire.net/article12306.html)

P. L.