le genre humain

Le Manifeste - N° 2 - Décembre 2003

 

Les syndicats « maison » de Sarkozy
 

Certains syndicats de police se font les porte-paroles du gouvernement. La presse leur donne complaisamment la parole. Cela suffira-t-il à rassurer ?

Certains ont peut-être remarqué que, depuis son arrivée au ministère de l’Intérieur, Nicolas Sarkozy a doté son équipe de communication de deux organisations syndicales portant les jolis noms de Alliance et Synergie.
Cela faisait longtemps qu’on n’avait pas vu des syndicats « maison » comme dans les années 60 à 80, avec la CFT et la CSL1.
Il n’est pas exagéré de qualifier ces « syndicats » de fascisants. Nul besoin d’avoir fait de hautes études pour décoder les discours des leaders, de ces courroies de transmission de Sarkozy et de l’extrême droite française. Il suffit de les écouter quand les médias leur tendent complaisamment les micros et les caméras.

Beaucoup de bluff

Nicolas Sarkozy a débuté sa carrière politique à Neuilly avec Achille Peretti qui a dirigé la ville pendant plusieurs mandats. Peretti était l’un des principaux dirigeants du SAC2, or-ganisation factieuse qui recrutait essentiellement ses hommes de main dans les rangs de la CFT et de la CSL. Sarkozy s’est contenté de reprendre la recette.
Un commissariat de police est la cible d’une bande d’adolescents surexcités : Super-Sarko arrive sur les lieux, serre quelques mains, tape sur l’épaule d’un policier ahuri et s’en retourne place Bauveau. Mais qui joue le rôle du porte-parole du ministre ? Un officier, membre de Synergie-police ou de Alliance-police. Et pour que cela se sache bien, c’est écrit en toutes lettres dans le bandeau en bas de l’écran de télévision. Une descente de police dans un quartier sensible ou dans un squat occupé par des immigrés, même scénario. Quand plusieurs millions de téléspectateurs ont vu ce policier, ils sont rassurés.
En conclusion, les chaînes de télévisions et les radios s’accommodent très bien de cette manipulation de l’information, le CSA adopte la politique de l’autruche, les partis de gauche et les syndicats démocratiques sont muets.
Récemment un officier supérieur de la Police nationale disait que « la méthode Sarkozy c’est beaucoup de bluff autour des minables petites affaires locales, voire même de voisinage, et l’absence totale de moyens pour lutter contre le grand banditisme ».

édouard Dubec

1 - CFT: Confédération française du travail, CSL: Confédération des syndicats libres.
2 - SAC: Service d’action civique (dans les faits: le Service d’Ordre des partis gaullistes successifs).