debout les damnés de la terre

Le Manifeste - N° 2 - Décembre 2003

 

Etudiant

Depuis plusieurs semaines, les étudiants sont en grève contre les lois Ferry. Le mouvement s’amplifie. Notre correspondant fait le point du mouvement dans les universités d’Aix-Marseille.

C’est l’Université de Rennes 2 qui a lancé la protestation contre la loi Ferry.
Le jeudi 20 novembre, Aix-Marseille I vote la grève devant 500 étudiants. Ils sont 1 000 le lendemain. La faculté est occupée nuits et jours.

Le mouvement s’organise

Les étudiants protestent contre le gouvernement, mais n’oublient pas les politiques précédentes. « On se bat plus contre une politique capitaliste que contre des noms car on sait que Jospin aurait fait la même chose ».
Le mardi, les étudiants bloquent un parking privé « afin de protester contre les lois Ferry et des problèmes locaux ». Le parking étudiant a été réduit et est devenu payant. Après trois heures de blocage, les manifestants rencontrent un adjoint au maire UMP, Maryse Joissains, qui n’a rien garanti : « Ce n’est pas dans nos compétences ».
La journée attendue était celle du jeudi 27. La nuit, des barricades sont installées, obligeant les étudiants à passer par le Grand Hall où les accueillent les grévistes. Le parking des professeurs est bloqué. Des enseignants soutenant l’action tiennent des débats dans les amphis. L’AG se réunit devant 500 personnes, des syndicats et des associations de chômeurs.
Le cortège se dirige vers la mairie. Pour finir devant l’IEP où la secrétaire d’État aux Affaires européennes, Noëlle Lenoir, tient une conférence. Une délégation demande à être reçue. En vain « car la ministre doit prendre son avion ». Elle repartira par une porte dérobée. Le soir, la grève est reconduite.
Plus de vingt universités ont manifesté « non pas contre l’idée d’harmonisation européenne, qui est utile, mais contre celle proposée par une Europe ultralibérale ».
Parmi les craintes des étudiants, l’augmentation des droits d’inscription ou la possibilité des universités « d’être dirigées par des personnels non-enseignants, laissant la voie libre aux managers ».

De notre correspondant
Sébastien Madau