DEBOUT LES DAMNES DE LA TERRE

Le Manifeste - N° 1 - Novembre 2003

 

Les intermittents en colère

L’été aura été ponctué par la colère des intermittents du spectacle et un certain nombre de festivals ne se sont pas tenus. Après l’accord du 26 juin dernier et son avenant du 8 juillet, François Fillon avait malgré la forte mobilisation agréé cet accord signé uniquement par trois syndicats (Cfdt, Cgc, Cftc) minoritaires dans la profession. Cela semble devenir une habitude. Il suffit maintenant qu’un ou deux syndicats de salariés, même minoritaires, signent des accords pour qu’ils deviennent force de loi. La politique paritaire en prend un sérieux coup. La loi du patronat doit devenir celle de tout le monde !
On pouvait croire la colère des intermittents apaisée après les congés, mais c’était compter sans l’acharnement et le refus de capituler des travailleurs du spectacle qui défendent leur profession et la pérennité d’une culture vivante dans notre pays. Dès septembre, des manifestations les rassemblaient à nouveau pour combattre cet accord odieux qui remet en cause leur régime spécifique d’assurance-chômage. La banderole « Nous sommes le spectacle, le Medef c’est l’obstacle » trônait haut à la tête des manifestations. Le coup d’éclat reste l’occupation du plateau de la Star Academy sur Tf1 le samedi 18 octobre. Les intermittents ont tenté de se faire entendre avant que l’émission ne soit censurée. Ils ont bien fait, ce soir-là, TF1 était en tête des audiences et 5,9 millions de téléspectateurs avec une part d’audience de 27,3 % ont pu mesurer leur détermination. Les intermittents ont tout de même été sérieusement molestés par les vigiles et quatre d’entre eux ont été arrêtés puis remis en liberté deux jours plus tard après une mise en examen.
Les travailleurs du spectacle demandent l’ouverture de négociations et la remise en cause de l’accord du 26 juin. On n’a pas fini d’entendre parler d’eux. Jean Voirin, le secrétaire général de la fédération Cgt des spectacles annonce clairement la couleur : « Le gouvernement serait bien avisé de revenir un petit peu sur la planète car ce mouvement est loin d’être fini. Plus le temps va passer, plus les actions vont se multiplier. »

Patricia Latour